#Climat

UN PLAN DE RELANCE POUR LES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS, PAS LES MILLIONNAIRES DE L’INDUSTRIE PÉTRO-GAZIÈRE

Passer à l'action

On entend de plus en plus parler des “plans de relance” que le gouvernement met de l’avant pour répondre aux impacts de COVID-19 sur notre économie. Si vous êtes comme moi, vous faites de l’urticaire juste à repenser au plan qui avait été mis de l’avant en 2008 suite au krach boursier qui avait grosso modo “récompensé” les cadres et les entreprises qui avaient provoqué la crise, tout en laissant pour compte les gens ordinaires qui avaient eux, perdu leurs économies, leurs fonds de retraite et leur maison. 

Peut-être vous dites vous: “J’aimerais bien discuter de l’importance des plans de relance JUSTES et VERTS lors de mon prochain 5@7 virtuel, mais je ne sais pas du tout comment expliquer ça clairement sans avoir les textes de Keith Stewart, l’expert chez Greenpeace, devant moi!”

Pas de panique… on est là pour vous aider! 

Trois choses à savoir: 

  • La vitesse et la profondeur de cette récession sont sans précédent. Elle sera probablement encore plus grave au Canada car, en tant que grand producteur de pétrole, nous sommes très exposés au déclin de l’industrie pétrolière. 
  • Lors du dernier plan de relance (en réponse à la crise financière de 2008), les gouvernements se sont concentrés sur le sauvetage des banques. Cela a profité à leurs dirigeant·es et à leurs actionnaires (qui avaient pris des risques déraisonnables en grande partie parce que la déréglementation le leur permettait), mais pas au public qui a payé la note. 
  • Les entreprises disposent d’un énorme pouvoir de lobbying, de sorte que lorsqu’une crise frappe, elles discutent déjà à huis clos avec les gouvernements pour trouver des solutions. Lorsque les gouvernements donnent ensuite de l’argent aux entreprises, ils prétendent souvent que cet argent va « percoler » jusqu’aux travailleuses et travailleurs, mais la majeure partie de ces fonds publics va en réalité aux cadres et aux actionnaires

Hum pas si compliqué!” me direz-vous. “Mais que proposez-vous que le gouvernement fasse?” 

Bonne question! Chez Greenpeace, nous aimerions que le gouvernement garde en tête 6 règles d’or lors de la conception de ces plans: 

  • Créer un  plan de relance pour les travailleuses et travailleurs et les communautés – pas pour les dirigeant·es d’entreprise. 
  • Verser des aides financières directement aux personnes impactées par les pertes de revenus.
  • Offrir la gratuité des soins de santé pour toutes et tous.
  • Investir dans le logement et amener l’eau potable dans toutes les communautés autochtones.
  • Renforcer la résilience des communautés pour prévenir les crises futures.
  • Créer des emplois en investissant dans l’assainissement de l’environnement et la transition énergétique.

Et si vous vous inquiétez des questions que vous pourriez recevoir de vos proches, collègues, ou ami·es qui trouvent toujours que vous êtes trop [insérer ici le qualificatif souvent employé comme “trop jeune”, “trop de gauche”, “trop écolo”, “trop radical·e, trop hippie etc] pour comprendre la “vraie réalité économique”, voici en rafale des petites questions réponses qui vous aideront à vous sentir plus confiant·e! Vous pouvez le faire!

Questions et réponses: 

À quoi ressemblerait un plan de relance juste et vert? Est-ce que cela se traduirait par des plans à plus long terme? 

  • Ce plan investirait dans la formation et l’accompagnement des travailleuses et travailleurs et dans les infrastructures publiques, pour soutenir la transition des combustibles fossiles vers les énergies vertes. 
  • Ce plan respecterait les droits des autochtones, y compris le CLPE.
  • Ce plan supporterait les communautés qui ont été en première ligne de l’économie extractive et ne laisserait personne derrière. 

L’industrie pétrolière crée des emplois, ramène de l’argent au Canada, comment pourrions-nous aider tous ces travailleuses et travailleurs de façon réaliste avec une transition verte ?

L’industrie pétrolière est une industrie en déclin. Elle ne fermera pas du jour au lendemain, mais nous devons commencer à planifier l’avenir dès maintenant, ce qui signifie qu’il faut investir dans des alternatives afin de ne pas nous retrouver encore plus vulnérables économiquement. Nous devons aussi protéger les personnes qui oeuvrent actuellement dans cette industrie. Un rapport de Clean Energy Canada & Navius Research souligne qu’il y avait 298 000 emplois dans le secteur de l’énergie propre au Canada en 2017. Entre 2010 et 2017 seulement, le nombre d’emplois a augmenté de 2,2 %, soit près de 60 % de plus que la moyenne canadienne !

Peut-on s’attendre à une reprise complète de notre économie, même si nous n’aidons pas les grandes entreprises à prospérer? 

Les gouvernements ont déjà mis des prêts à la disposition des entreprises – selon nous, des subventions directes aggraveraient probablement les inégalités de revenus et les injustices au sein de notre société. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’argent pour les personnes qui ont été licenciées – sans que ce soit de leur faute – pour acheter de la nourriture, se loger et se procurer les biens de première nécessité. Tout cela aidera l’économie au sens large, d’une manière plus équitable et plus durable. 

Pourquoi le gouvernement a-t-il investi dans l’énergie fossile si cela ne fonctionne pas?

L’industrie pétrolière ne semble rentable que si nous lui permettons d’ignorer les coûts climatiques et environnementaux de ses opérations. Même si cela semblait autrefois être un bon investissement, maintenant que nous savons que nous devons rapidement abandonner les combustibles fossiles pour stabiliser le climat, nous devrions arrêter de soutenir cette industrie et investir notre argent dans des alternatives. 

Un New Deal vert, ça mange quoi en hiver? 

  • Un New Deal Vert est une vision de transition rapide, inclusive et de grande envergure, visant à réduire les émissions, à protéger la biodiversité, à répondre aux exigences des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés et à créer plus d’un million d’emplois dans le processus.  Il impliquerait la pleine application de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP), y compris le droit au consentement préalable, libre et éclairé (CPLE), des dizaines d’autres textes législatifs, de nouveaux programmes et institutions, et une énorme mobilisation faisant appel à la créativité et à la participation de chacun·e d’entre nous.

Quand il y a urgence, nous savons que nos gouvernements peuvent amener des transformations rapides. Les banques sont sauvées, les entreprises automobiles sont renflouées. Nous avons la capacité de construire une économie 100% renouvelable basée sur la propriété publique et un travail digne et bien rémunéré. Nous savons que le gouvernement fédéral, en collaboration avec tous les autres niveaux de gouvernement et les nations autochtones, a la capacité d’y parvenir. Mais nous savons aussi que nous seul – dans le cadre d’un processus profond, large et démocratique – pouvons lui donner la légitimité et la véritable diversité dont il a besoin pour réussir.

Vous êtes d’accord avec ce que vous venez de lire? Vous voulez le faire savoir? 

  • Signez notre pétition qui demande au gouvernement d’investir dans les gens, pas le pétrole.
  • Appelez votre député·e et faites-le lui savoir ce que vous voulez d’un plan de sauvetage juste et vert ! Votre appel est renvoyé vers un répondeur? S’il vous plaît laissez-un message, c’est permis 😉